Ça peut chémar

Grand Corps Malade

Composição de: Jean-Jacques Ido / Grand Corps Malade
John Pucc' Chocolat :
Combien de bonnes âmes s'attendriront sur notre parcours
Peut-être les mêmes qui à l'ancienne n'auraient jamais cru 
qu'en ce jour
Le soleil caresserait nos ailes en donnant raison à notre 
zèle
P'tite tête tu m'traitais de brêle... mes ambitions tu 
t'foutais d'elles..
Mais hélas, pour ta gouverne, sache qu'on a bien repris les
 rênes
Aussi sûr qu'on se démène pour ne jamais plus être à la 
traine
On nous disait qu'ça craint là d'où l'on vient pour compter
 vivre de nos passions
Au point qu'elles nous consument à petit feu sans rémission
J'ai dû slalomer pieds nus et sans skis
Il m'a fallu traverser la toundra et plus sans huskies
Pour devenir maître de mon devenir j'ai frôlé la 
crucifixion
Mais j'en ai conclu que nos rêves sont à notre portée
Encore faut-il accepter de souffrir pour les mériter
Alors si tu doutes et qu't'en as marre surtout n'enterre 
jamais l'espoir
Sur la pendule des acharnés à tout moment « ça peut chémar 
» !

Grand Corps Malade : Des projets, nous et nos potes, on en 
a eu plein nos poches
Trouver la bonne idée au bon moment pour ne pas rater le 
coche
Quels que soient les domaines : social, culture ou dans le 
sport
Il nous fallait tenter notre chance, on ne pouvait pas 
avoir tort
Des idées les plus farfelues aux projets les plus tangibles
Etions-nous simplement têtus, rien ne paraissait 
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inaccessible
Le plus grand des océans devenait pour nous une petite mare
Lorsque cette phrase résonnait : « je te jure ça peut 
chémar »

JPC : Ma raison d'être a pris le pas sur ma raison sociale
A toutes les prisons du paraître j'ai mis un retourné 
facial
Aviez-vous remarqué que l'ascenseur social est bloqué
Et qu'les experts ont bien mieux à faire que d'le réparer
Sur ma lancée j'devais poursuivre alors j'ai pris les 
escaliers
Mais à ma grande surprise, y'avait plus de marches après le
 premier palier
On a donc dû relever les manches, taffer dur même les 
dimanches, quitte à se faire bébar
Et dans nos têtes on se répétait en boucle « t'inquiète, un
 jour ça va chémar » !

GCM : Je me souviens même plus vraiment quel était notre 
but final
Voir le quotidien différemment, tenter un truc original
Evidemment ne soyons pas naïfs, on voulait aussi faire des 
sous
Mais si c'était le seul objectif, on aurait souvent été 
déçus
Finalement notre ambition, c'était de se créer des rêves
S'offrir une vraie récréation, que le réel nous offre une 
trêve
Et puis surtout être fiers de construire avec ses potes
On avait besoin de ça, grandir pour changer d'époque
Combien d'heures accumulées en bas de chez toi dans la 
voiture
A refaire le monde et à refaire notre futur
Combien d'idées d'excités on a citées au pied de ta cité
Et si t'es comme moi, tu referais la même sans hésiter

JPC : A tous les gosses meurtris de briller dans 
l'indifférence
D'une société qui les néglige puis les accuse de 
nonchalance
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Un hymne à Mère Patrie qui brise le talent et passe son cri
 sous silence
Une clameur se fait entendre et bat la mesure en cadence
« France ! » des fois je te hais, parfois tu m' émeus
Mais souvent je me tais car je sais qu'au fond je t'aime...
Mais il serait temps que tu rendes hommage à tous ces 
talents détruits
Fais donc ton tri au mérite et il y aura beaucoup moins 
d'aigris
Beaucoup moins de jeune épris du lointain modèle 
états-unien
Parce que réussir ailleurs reste encore le seul moyen 
d'obtenir ton soutien
Si beaucoup se barrent, c'est pour chasser des chimères 
aut'part que dans leurs cauchemars
Rappelle-les sur tes terres et montre-leur qu'ici aussi 
pour eux ça peut chémar !

GCM : Alors on a monté des projets loin des projecteurs
Pour éviter les projectiles des rageurs jeteurs de sorts
Est-ce la mentalité de banlieue ou la mentalité française
Mais les meilleures idées sont souvent celles qui se 
taisent
Doit-on vraiment changer d'envie ou changer d'environnement
Pour se fixer des objectifs et les atteindre ouvertement
Des mecs qui te jettent le mauvais oeil, on en connaît 
depuis le préau
Je dois avouer que même entre nous, on s'est pas toujours 
tirés vers le haut
Mais fini de s'imposer notre propre censure, on n'a pas de 
sang sur les mains
Alors pourquoi ne pas être sûrs qu'on est sur le bon chemin
Nous n'étions pas forts mais ce passé nous a formés et plus
 jamais je me marre
Quand j'entends cette phrase résonnait : "Je te jure ça 
peut chémar".
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