Le gardien du square

Le Forestier Catherine

Le gardien du square de mon enfance n'a pas beaucoup 
changéIl piétine les belles fleurs de France avec ses gros 
souliersEt derrière son casque en Plexiglas paraît 
qu'il peut mieuxvoirLes énergumènes qui se démènent sous 
son gros bâtons noirsEt les fleurs pelouses appelées 
liberté pas question d'y mettreles piedsLes vertes pelouses
 appelées liberté pas question d'y mettre lespiedsLe 
maître d'école de mon enfance n'a pas beaucoup 
changéDepuis qu'il est à la présidence il parle à la 
téléC'est le protecteur de mon bonheur il suffit de le 
voirLa main sur le cœur, la croix d'honneur sur son costume
 noirEt les fleurs pelouses appelées liberté pas question 
d'y mettreles piedsLes vertes pelouses appelées liberté pas
 question d'y mettre lespiedsEt les fleurs pelouses 
appelées liberté pas question d'y mettreles piedsLes vertes
 pelouses appelées liberté pas question d'y mettre 
lespiedsParmi les copains de mon enfance certains ont bien 
changéIls sont revenus en foule immense ils ont beaucoup 
marchéCertains sont restés sur la pavé mais déjà on peut 
voirDe grands feux de joie ici et là s'allumer dans le 
noirEt les fleurs pelouses appelées liberté il est question
 d'ymettre les piedsLes vertes pelouses appelées liberté il
 est question d'y mettreles pieds
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